How I met Jon One

Retour du travail, une tasse de thé et enroulée dans mon écharpe je me remet enfin à écrire. Les beaux jours cèdent progressivement le pas à l'automne et avec lui mes excuses s'envolent... Vous remarquerez que mes bonnes résolutions, comme toute résolution, finissent très rapidement au placard, sous une tonne de sacs... 
Toujours est-il que j'ai une To do list d'articles qui s'allooooonge inexorablement et qu'il me faut maintenant prendre mon courage à deux mains, et espérer que l'inspiration suive. 

Cela fait un moment que je veux vous parler de l'Institut culturel Bernard Magrez, parce que cet homme n'est pas que le propriétaire des meilleurs vignobles bordelais, du resto de Joël Robuchon etc, c'est aussi un grand amateur d'art qui dispose d'une collection personnelle assez sympathique notamment en matière de Street Art. 

L'année dernière, j'avais découvert cet institut à l'occasion de l'exposition Expressions Urbaines, dont je ne vous ai jamais parlé, et c'est sans doute le moment de me rattraper... En photos bien sûr. 





Monkey Bird

Supakitch

JonOne

Je suis revenue à l'Institut quelques mois plus tard pour la Nuit du Savoir consacrée à JonOne et à l'exposition organisée autour de cette figure emblématique du street art : JonOne King of Harlem feat. Maï Lucas (photographe). 

Pour ceux qui ne connaissent pas, JonOne c'est un peu l'un des papas du street art. Il a commencé à Harlem, est arrivé en 1987 à Paris et a découvert les terrains vagues de Stalingrad, berceau de la culture Hip Hop en Europe, il a cotoyé A-One, Basquiat, Bando... Autant vous dire que pouvoir le rencontrer et avoir un retour personnel sur sa vie, son travail et son parcours, c'était un peu comme un deuxième Noël pour moi.


S'il affirme que pour ses parents "la rue était plus forte qu'eux", pour lui, elle symbolisait la liberté, face à un système trop contraignant. JonOne, son blase, c'était une manière de s'affirmer, d'exister. Il s'est nourri de la culture urbaine de Harlem, des graffeurs, mais aussi de l'histoire de l'art, de Basquiat, de Jackson Pollock... Il le dit lui-même "je ne sais pas peindre tranquillement" et cela se ressent dans ses œuvres. 



Le street art est pour lui un moyen d'expression, de faire voyager l'art pour qu'il soit vu du plus grand nombre. Les métros tagués, une galerie mouvante, éphémère. Une idée qu'il a retrouvé lorsque Bernard Magrez lui a proposé, comme avec la voiture d'Eric Cantona, de taguer une jaguar de sa collection personnelle. 



Pour lui, il était intéressant de pouvoir investir le château, se l'approprier et faire resurgir dans ce lieu "traditionnel" et culturel, la culture urbaine, sa culture, d'Harlem à Stalingrad. Mélanger modernité et tradition, respecter les lieux tout en exprimant des choses fortes pour provoquer des émotions, c'était un projet qu'il avait en tête depuis longtemps. 

Les toiles de JonOne étaient accompagnées d'une série de photographies de Maï Lucas, qui a découvert Harlem alors qu'elle n'avait que 18 ans, lors de son premier voyage à New-York. Captant des moments de vie, elle est devenue l'une des photographes emblématiques de la culture Hip Hop. 





Au-delà du succès et de la reconnaissance, JonOne est resté quelqu'un de très simple et très accessible. Flânant au milieu des invités, venus à l'inauguration de l'exposition, il salut chacun d'eux, prend le temps d'écouter et de répondre aux interrogations... 
Vous l'aurez compris, cette rencontre a été un moment fort et inspirant pour moi, mais m'a aussi fait réfléchir sur l'impact de l'art et de la culture sur le monde et sur la vision trop souvent erronée que l'on a des cultures urbaines. 


Pour suivre l'actualité de l'Institut Culturel Bernard Magrez, c'est par ici !

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