Yves Saint Laurent ou l'autre face d'un génie




Ce week-end, je me suis laissée tenter par un petit film projeté dans une salle obscure parisienne l'UGC du coin. Devant la programmation de la semaine, mon choix s'est porté sur le biopic d'Yves Saint Laurent réalisé par Jalil Lespert avec en tête d'affiche Pierre Niney (20 ans d'écart, J'aime regarder les filles) et Guillaume Gallienne (dernièrement dans Les garçons et Guillaume, à table !), deux acteurs de la Comédie Française de plus en plus présent dans le paysage cinématographique et théâtral français. Un film très prometteur donc.





Pour ceux qui n'en ont pas entendu parler, ou qui ne s'y sont pas particulièrement intéressé, voici un petit synopsis :


Paris, 1957. A tout juste 21 ans, Yves Saint Laurent est appelé à prendre la tête de la prestigieuse maison de haute couture Dior. Lors de son premier défilé triomphal, il fait la connaissance de Pierre Bergé, une rencontre qui va complètement bouleverser sa vie. Amants passionnés et partenaires en affaires, les deux hommes s'associent suite au licenciement du prodige, pour créer la société d'Yves Saint Laurent. Malgré ses obsessions et ses démons, Yves Saint Laurent s'apprête à révolutionner le monde de la mode avec son approche moderne et iconoclaste.

Avant d'aller voir ce film je ne connaissais pas grand chose du « petit prince de la mode », comme il fut surnommé à ses débuts. Difficile alors d'avoir un avis d'expert sur le film comme peuvent avoir des critiques cinéma avertis. Voici donc l'avis d'une jeune padawan.

Si vous cherchiez le côté glamour du monde de la mode, vous êtes assez mal tombé...Vous assisterez plutôt à l'envers du décor, les manipulations, la drogue, la violence... Une réalité troublante qui nous désillusionne et qui nous montre une autre facette de la personnalité de Saint Laurent, apparaissant ici comme un artiste maudit, toxico-maniaco-dépressif.

Le film de Jalil Lespert exprime avec beaucoup de délicatesse le paradoxe du personnage complexe qu'était Yves Saint Laurent. Les scènes de débauches, fiévreuses et sulfureuses succèdent alors aux scènes de créations, de défilés, d'idées novatrices... dans un rythme plus ou moins soutenu (car je dois avouer qu'il y a quelques longueurs...)




Ce biopic, approuvé par Pierre Bergé lui-même, associé et fidèle (ou pas) amant d'Yves Saint Laurent, semble cependant un peu « intéressé ». En effet, le film montre peut-être un peu trop Pierre Bergé comme un sauveur, le messie qui sauva Yves Saint Laurent et sans qui rien ne serait arrivé. Un angle qui semble engagé et qui me dérange. Mais il est toujours difficile de raconter la vie de quelqu'un sans prendre partie, non ?

Mais, le véritable coup de génie réside dans le casting : deux acteurs de la Comédie Française réunis... Une condition pour un film parfaitement joué. Une palme d'or pour Pierre Niney, qui ne joue pas Yves Saint Laurent... Mais qui le fait revivre. De la diction au comportement, le jeune acteur a tout assimilé... Peut-être a-t-il été hanté par Saint Laurent le temps du tournage allez savoir...
En somme, un film qu'il faut aller voir pour le jeu époustouflant des acteurs mais qui  n'est pas, pour moi, le chef d'œuvre que tout le monde attendait. Peut-être le deuxième film réalisé sur Saint Laurent, et mis en scène par Bertrand Bonello, qui sortira au cours de l'année, saura donner au couturier un hommage digne de ce nom, montrant, plus que sa déchéance, son génie et la révolution qu'il a initiée.

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